dimanche 3 août 2008
JUILLET 2008
On se souviendra de juillet 2008 comme d'un mois de tout et de rien, avec de tout et énormément de riens, de l'harmonie et des doutes, des heures de concertation et de listes des possibilités offertes par la vie petit a faire un thé, petit b choisir un film, petit c aller mettre de la musique, petit d scotcher, petit e faire un film, petit f aller se coucher ah non jamais, et ainsi de suite chaque minute chaque heure chaque jour tournant en boucle, routine et surprises, équilibres mystérieux et cendriers renversés.
La première semaine fut celle de certaines découvertes, et la semaine où il fallait trouver un travail. Par miracle nous trouvâmes à nous faire engager pour la tâche qui nous ressemblait le moins, et sillonnant les rues de lavomatic en lavomatic, nous devînmes les enquêteurs les plus feignants de la ville, surmontant l'horreur de nos bouches pâteuses pour demander à des inconnus si leur installation électrique est bonne-moyenne-douteuse-ou-mauvaise et si il y a un lieu de culte à plutôt moins de cent mètres ou cent à cinq-cents mètres ou cinq-cents mètres à un kilomètre ou plus d'un kilomètre de chez eux. Rarement juchées sur un minuscule vélo rose, plus souvent traînant des pieds en maugréant bonjour madame on fait une enquête, et plus souvent encore restant chez nous parce qu'il pleuvait et qu'on était fatigués et qu'on s'était levés à quatre heures et qu'on irait demain travailler deux fois plus ce qui n'arriva pour ainsi dire jamais. A cette époque nos heures de sommeil ne cessaient d'augmenter en même temps que la durée et la taille de nos repas, et si nous n'avions eu pour mission d'aller chaque jour remplir de croquettes l'élégant bol du chat le plus indécis de Belgique, nous aurions fini par sombrer dans une nuit infinie, incapables de nous lever plus d'une heure par jour qu'on aurait toute entière consacrée à manger du porridge. Mais notre rythme se stabilisa doucement, interminables breakfasts, lavomatics déserts, films de zombies et classiques des années 90, nuits contemplatives. On s'employa à ramasser tous les trombones trouvés dans la rue pour composer une collection hétéroclite et très utile car on n'a jamais de trombone quand on en a besoin et on en voit toujours par terre quand ils ne nous servent à rien. Une après-midi faste m'en fit découvrir huit d'un seul coup. On acheta un puzzle.
Pourtant un beau jour – c'était réellement un beau jour, douceur et insouciance, ce genre de conneries – tout se brisa. En réalité seule la vitre de la chambre, qui vola en éclats sous le coup d'un ballon envoyé par quelque enfant maladroit ou malveillant, catapultant des bris de verre dans toute la pièce et me plongeant dans une rage infernale à l'idée des conséquences affreuses : assurer, réparer, faire face à ses responsabilités. Mais la vie reprit le dessus.
Après trois semaines de vie en trio à dormir trois fois trop et travailler trois fois pas assez, nous eûmes de la visite. L'instant est crucial car il annonce un nouveau fléau tombant sur le charme ambiant, amené par une exclamation que je pris d'abord pour une blague, une provocation complice destinée à faire naître en moi de nouveaux délires paranoïaques - à ajouter à mon implacable volonté de mettre un chiffon rose sur mon ordinateur pour le protéger de la pluie même s'il ne pleut pas et aux troubles concernant le robinet de la salle de bain. Je me voilais la face jusqu'à ce que je doive croire ce que je venais de voir : un rat traversant le couloir. Un adorable petit rat courant de l'escalier à la machine à laver sur ses pattes mignonnes, alerte et frétillant. Prêt à se multiplier et à nous envahir en profitant sans craintes de notre poubelle nauséabonde et de nos assiettes à l'abandon. La période des rats coïncida bien malheureusement avec l'arrivée de nouveaux convives, chargés de fraîcheurs et de DVD. La période des rats coïncida bien malheureusement aussi avec celle de l'inondation. Naturellement la panique s'empara de mon être lorsqu'un matin je découvris le couloir à côté de la salle de bain plein d'eau. On invoqua le délire paranoïaque, on déclara que ça n'arriverait plus, on pensa à autre chose. On passa tellement de jours à la suite à être ivre ou à côté de nos cerveaux, vivant dans des labyrinthes de canettes de bière et d'assiettes sales, dans un nuage de cendre perpétuel vibrant de synthés psychédéliques et de gros son en général, déguisés en cowboys ou simplement travesti que l'idée de recevoir un plombier pour régler l'affaire était au-delà du concevable, au-delà même de l'inconcevable. Loin. Alors nous cessâmes de nous laver, non allons je plaisante, nous usâmes de stratagèmes antiques dits « se laver au lavabo » ou d'habiles manoeuvres de seau dans le jardin, après avoir passé des heures au-dessus de ces mêmes seaux à récupérer l'eau du sol avec des serpillères, les essorant laborieusement en pensant à l'absurdité de la condition humaine.
Les rats s'enhardissaient jour après jour, et chaque descente à la cuisine s'accompagnait d'un grand « j'ai vu un rat dans le couloir », « j'ai vu un rat dans l'escalier », « j'ai vu un rat démonter la poubelle », « j'ai vu deux rats ». C'est alors que la menace se fit plus menaçante, deux rats signifiait beaucoup de rats, et beaucoup de rats signifiait notre fin car tôt ou tard ils monteraient là où nous vivions, commenceraient à fumer nos clopes, porter nos casquettes et boire nos bières, et nous finirions rongés jusqu'à l'os dans notre inévitable sommeil, esclaves dans le meilleur des cas – condamnés à aller chaque jour au Delhaize, plus maigres, apeurés et maladroits, ramener le pain de mie de Satan, notre survie et notre chute. Mais nous n'allions pas TUER. Les avis divergèrent, le débat fit rage. Nous réfléchîmes. C'est alors qu'on pensa à la loi de la nature, loi qui dit que les chats mangent les rats et nous parlons de la vraie vie qui est cruelle et sanguinolente et pas des cartoons où les chats finissent humiliés et bafoués. Dans la vraie vie donc, nous connaissions notre sauveur, sa puissance magique, sa masse agile, sa sombre errance. Méga-Cat le gros chat noir du voisinage pourrait nous sauver. Tant il est gros et sa queue touffue que on le voit on rigole un peu mais regardez-le monter aux arbre mon dieu il ne vaut mieux pas trop s'y frotter, ce chat-là est d'une habileté remarquable un chasseur sans failles certainement un ninja on le voit parfois juché sur le mur scrutant l'horizon d'un air grave son bandeau rouge noué à la tête flottant dans le vent terrible emprunt de missions qui sauvent le monde et de règlements de comptes glacés. Mais Méga-Cat, méga-voyeur qui est rentré dans ma chambre un jour que je me faisais griller une tartine est aussi méga-méfiant et surtout lorsque nous nécessitions son aide était méga-absent et l'urgence de la situation nous empêcha de bricoler une méga-lampe projetant sur le mur du jardin notre détresse en jaune et noir. C'est ici que nous nous rappelons que notre mission des vacances était de nourrir un chat, jeune brillant et fougueux, le chat qui ne sait pas ce qu'il veut car en même temps il te dit caresse-moi et voudrait te démonter la gueule de ses griffes bien acérées, est-ce le moment de courir dans tous les sens ou de se rouler par terre, est-ce que j'ai envie de manger ou bien d'être assis, ainsi pense peut-être Albert l'indécis, mais on ne le saura jamais alors à quoi bon se perdre en des hypothèses si vaines. Les faits sont là : Albert avait beaucoup mûri pendant ces vacances, il était temps de lui donner sa chance. Seul frein dans notre entreprise : la présence dans nos rangs d'un asthmatique mal préparé, réticent à l'idée d'une invasion de poils, gonflements et suffocation. Nous restâmes fidèles à nos principes : on encule les asthmatiques. Nous restâmes fidèles à notre nature : on est cool. C'est ainsi qu'il fut convenu qu'Albert resterait dans le bas de la maison pour dégommer les rats tandis que nous vaquerions à nos occupations de fauteuils comme à l'habitude, valsant entre le canapé qui est le nec plus ultra du moelleux et du maintien mais qu'il faut partager, le fauteuil gris qui est le confort incarné synonyme d'effondrement du corps difficile à gérer, le fauteuil marron et dur dans lequel on est bien assis mais mal affalé et l'autre fauteuil gris qui est merdique pas de chance. Albert l'indécis n'opposa pas la moindre résistance lorsqu'on le dirigea dans sa boîte de voyage, ni griffe ni miaulement, il obtempéra avec le sérieux adapté à la situation. Il ne fit pas de remarques sur l'odeur de notre maison, ni sur la médiocrité excentrique de notre cuisine. Il fut un prince et un diplomate, car si on ne retrouva ni trace de bagarre, ni mare de sang, ni boule de poils inanimés, les rats eurent tôt fait de disparaître, intimidés ou convaincus par les arguments mystérieux de notre chasseur sachant chasser sans chasser du tout. Ainsi s'acheva la période des rats.
Alors, ayant accompli son objectif et brillé dans le maintien d'une cuite de soixante-douze heures, l'un d'entre nous rentra chez sa mère et nous entreprîmes un ménage bâtard, et j'appelai la propriétaire qui appela le plombier qui débarqua un petit matin à 9h41 laissant à mes quelques heures de sommeil le temps de me lever pour bafouiller des choses sans suites concernant fuites douche vaisselle vous connaissez je retourne me coucher. Le plombier partit, la vie continua. Les excursions remises au lendemain finirent par se trouver un jour sans lendemain, l'autosatisfaction nous inonda parfois, moins on a de neurones plus ça vient rapidement. Puis il fallut boucler ses valises en catastrophes en priant de n'oublier rien d'important mais dès que c'est oublié ça devient important, en espérant que ça marche et en abandonnant les tours d'assiettes monstrueuses et le tapis mi-laine mi-cendre au voyageur de l'improviste celui qui devait venir trois semaines puis ne pas venir et qui rappelle pour dire j'arrive demain ça va ? Je peux rester ici quelques jours de plus ? D'accord.
Nous partîmes à trois légers et lourds comme au réveil, perdus dans l'impression du temps immense et fugace à la fois, dans la nostalgie instantanée, et plongés dans l'ambiance bizarre qu'ont les départs et les arrivées. C'était sans compter sur la police Belge qui conseilla à notre bon ami dont la poste Belge a perdu le passeport de prendre un autre train que l'Eurostar car ils ne voulaient pas le laisser passer sur seule vérification de son permis de conduire – me plongeant dans des abîmes de perplexité et de culpabilité liée à mes « ahah mais si on va à Lille personne ne te contrôlera sois rassuré ». Ainsi après avoir brusqué un policier buté par nos supplications peu subtiles, nous repartîmes deux au lieu de trois, ruminant ses remarques selon lesquelles nous aurions été contre l'Europe ah malheur qu'est-ce qu'il faut pas entendre ! Train morose et sans encombre, ciel triste et calme, arrivée flamboyante en la gare originelle, ici l'air est le plus doux du monde.
mercredi 16 juillet 2008
The David Poujadistes & Guest se touchent (saison 2)
envoyé par TheDavidPoujadistes
vendredi 27 juin 2008
The David Poujadistes se touchent III : L'Amour
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avec une mystérieuse chanson nommée "L'Amour De Pleasure"
issue d'une mystérieuse compilation tirée à 69 exemplaires
The David Poujadistes se touchent II : Le Thé
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Thé
envoyé par TheDavidPoujadistes
avec l'accompagnement mélodieux de Heavy Vegetable et son formidable "Johnny Pig"
The David Poujadistes se touchent I : Le Jardin
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envoyé par TheDavidPoujadistes
sur un gros son de Bill Clifton intitulé "Where The Rainbow Finds Its End"
dimanche 15 juin 2008
Piwate is late but...
Un jour ce vieux briscard de Ketchoupy m'a dit mec je vais faire une expo de piwates (il parle comme ça depuis qu'une bouteille de whisky lui a pété toutes les dents de devant, ils ont le sang chaud les sudistes, rigolez pas) tu voudrais participer ? moi j'ai dit ouais grave. et puis ensuite il m'a dit voila le topo petite, je te donne un dessin que j'ai fait d'un personnage que j'ai imaginé et toi tu le redessines en utilisant un style graphique qu'est pas le tiens. alors j'ai dit ahahah tu te fous de ma putain de gueule, tu crois que je vais faire ma petite pute sans personnalité, tu crois que mon ego peut souffrir une pareille demande, non vraiment assures. ensuite je me suis dit je vais le faire quand même parce que. ensuite il m'a dit le format c'est 46x61 et là j'ai dit oh déconne, moi je dessine tout petit et mal comment veux-tu que je m'en sorte. ensuite j'avais des examens à réviser. ensuite il m'a dit alors pour ton dessin je me disais Art Nouveau ça collerait bien au personnage. alors j'ai dit mais mec je suis pas Mucha tout le monde va se foutre de ma gueule. alors je voulais faire autre chose mais après un milliard d'essais pourris et de larmes versées, j'ai invoqué Aubrey Beardsley (surtout copié son parquet), j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai même réussi à ne pas renverser ma bouteille d'encre de chine sur le tapis.


Ensuite j'ai envoyé mon dessin par la Poste, il est arrivé une semaine après le vernissage et le rouleau que j'avais payé une fortune pour l'acheminer vers la gloire avait malencontreusement été broyé par qui sait, les hasards de la vie et pas du tout l'indifférence ou l'inattention des gens qui sont payés pour en prendre soin et le délivrer à temps.
THE END
Enfin, n'oubliez pas de visiter le mini-site rigolo de l'expo, et les resplendissants espaces virtuels des autres participants, Jo, Tetsouille et Vertigo, et de parcourir des milliers de kilomètres pour voir leurs oeuvres en vrai, ce que je ferais si tout ça n'était pas un peu complexe.
vendredi 13 juin 2008
Nostalgie
jeudi 12 juin 2008
Communiqué d'allure rébarbative à l'usage des braves








Amis du lait, n'oubliez jamais cela et vive le lait, le lait est bon, aimons le lait, miam du lait.
(je ne parle pas de lait de soja ici, désolée)
mardi 10 juin 2008
Tu vas en bouffer du dinosaure et du dessin malsain.



dimanche 8 juin 2008
La grue
Oui cette nuit encore j'ai fait un rêve de malade mais je ne l'écrirai pas ici parce que je l'ai déjà écrit dans mon cahier où je note des listes de courses et des impressions de la vie et des idées géniales/minables, et que j'ai pas le temps d'écrire mes rêves trente fois pas jour. Tout ce que je voulais dire c'est merci à Zaza qui m'a fait cette jolie grue que je mettrais sur ma table de nuit si j'en avais une, et qui est censée aider à se rappeler ses rêves, observant ses contours dans les brumes du réveil. On peut dire que ça marche joliment bien, si seulement j'arrêtais de rêver toutes les nuits de bouffe, de fêtes et de cadeaux...



